Ca fait plusieurs jours que je me demande comment commencer à partager avec vous ce que j’ai appris ces vingt dernières années. Je me demande quelles sont les questions qui vous font chercher des solutions pour aller mieux.
D’ailleurs, n’hésitez pas à me le dire en commentaire pour que je puisse les aborder dans un prochain article.
J’ai donc décidé de commencer par le début d’une boucle :
« Je pense tout le temps et ça m’épuise. Je suis fatigué·e de me poser autant de questions. J’essaie d’arrêter mais je n’y arrive pas »
Je suis épuisé·e. Je pense tout le temps.
Vous pensez du matin au soir (et du soir au matin).
Vous analysez chaque situation.
Vous anticipez.
Vous essayez de comprendre pour trouver LA bonne solution…
Mais malgré ça, vous ne vous sentez jamais vraiment apaisé…
Vous avez l’impression d’être de plus en plus éloigné de vous-même…
Vous pensez tellement que vous n’arrivez plus à profiter des bons moments, ni à vous reposer.
Vous êtes épuisé·e… mais dès que vous êtes couché·e, votre cerveau démarre : vous repensez à des conversations, vous anticipez demain, vous analysez des détails, vous imaginez des scénarios, vous revivez des conflits, vous cherchez LA solution.
Votre corps veut dormir mais votre mental refuse de lâcher.
Ça peut être aussi durant un week-end, que vous avez pourtant attendu toute la semaine. Même quand vous vous autorisez à ne rien faire, vous ne vous reposez pas. Vous regardez une série mais vous pensez, vous marchez mais vous pensez, vous faites une activité mais vous pensez, vous êtes avec des proches mais vous pensez… et en plus, vous vous surveillez intérieurement. Ce moment qui devait vous faire du bien ne vous recharge pas.
Vous avez de plus en plus de mal à profiter et vous avez de plus en plus souvent la sensation d’être “déconnecté·e” ou de vivre à travers votre tête plutôt dans l’expérience. Vous êtes avec avec des proches, en train de manger, devant un coucher de soleil, dans un moment calme. Et pourtant, vous n’arrivez plus à être vraiment présent…. et le mental continue de tourner..
Vous ne trouvez plus le bouton « off ». Vous êtes physiquement là… mais mentalement ailleurs
A force, ça déborde et même une décision simple devient compliquée
C’est cette scène où “tout est trop” : un bruit, un message, une demande supplémentaire, un imprévu, quelqu’un qui parle trop, une notification de plus. Vous ressentez un trop-plein émotionnel. Intérieurement, c’est la saturation.
Votre espace mental était déjà plein. Là, c’est le débordement.
Face à un choix simple, la décision à prendre devient énorme. Il faut répondre à un message, choisir quoi manger, écrire un mail, prendre une décision banale. Et là, une boucle s’enclenche : analyse, doute, peur de mal faire, besoin de validation, surinterprétation.
Votre mental transforme des choses simples, que vous faisiez facilement, en charge énorme.
Pour arrêter de culpabiliser, vous anticipez
C’est plus fort que vous. Avant un rendez-vous, vous préparez la conversation dans votre tête avant même qu’elle existe. Et vous imaginez toutes les réactions possibles : ce qu’il faut dire, ce qu’il ne faut pas dire, comment votre interlocuteur peut réagir, comment éviter le malaise, comment être comprises, comment éviter le rejet.
Avant même que la conversation commence, vous êtes épuisé·e nerveusement.
Et ça continue pendant… Vous vivez la scène et en même temps, vous la regardez de l’extérieur et vous vous coachez. Vous regardez vos réactions et celles de l’autre, vous pensez sur vous, sur l’autre et à ce qui se dit, en même temps. Vous cherchez la phrase exacte que vous aviez préparée. Vous pouvez être déstabilisé·e par un changement entre ce que vous aviez anticipé et ce qui se passe vraiment.
Puis, après ce moment en famille ou avec des amis, cet entretien, cette réunion, vous rejouez les conversations. Ça peut durer des heures. Vous analysez votre ton, vos mots, le regard de l’autre, ses réactions, ce que vous auriez dû dire, ce qu’il aurait pu dire, vous évaluez en « trop” ou “pas assez”.
Les interactions sociales ne se terminent jamais vraiment, elles continuent intérieurement.
Et, petit à petit, ça se transforme en fatigue relationnelle.
L’emprise de la culpabilité… La boucle du « faire mieux la prochaine fois »
Quelle que soit la situation, vous débriefez avec vous-même… et vous n’êtes jamais satisfait·e. Vous voyez tout ce qu’il faut améliorer, ce que vous devriez faire de mieux la prochaine fois. Pourtant, vous aviez tout anticipé… Vous concluez que décidément, vous n’êtes pas vraiment à la hauteur et qu’il faudra préparer encore plus la prochaine fois. Et ça commence dès maintenant.
Et quand vous finissez, enfin, par vous autoriser un petit moment de repos, la culpabilité s’enclenche. et ces pensées reviennent en boucle : “je perds du temps”, “je devrais avancer”, “je suis en retard », “je n’en fais pas assez”, “je pourrais être plus productif·ve », « je devrais plutôt préparer ça »…
Finalement, ce qui devait reposer devient stressant.
Rompre la boucle est possible
A force de se répéter, ces situations provoquent un stress qui se chronicise. Votre Mental prend de plus en plus de place, pour préparer tout au mieux et vous éviter de vivre une nouvelle déception. Il ne cherche pas à vous nuire, il cherche à vous protéger. D’ailleurs, ça fait partie de ses fonctions.
Le problème, c’est qu’au bout d’un moment, tout passe par le filtre du Mental et vous vous coupez, inconsciemment des autres parties de vous. Car, comme tout être humain, vous pensez mais vous n’êtes pas que vos pensées. Vous avez aussi (au moins) un corps et des sens, des ressentis et des émotions, des liens et des sentiments. Et Vous êtes la combinaison (unique) de tout cela.
Redonner sa vraie place au Mental
Oui, c’est intéressant de comprendre ce qui vous a amené·e à vous réagir de la sorte mais ça ne suffit pas à défaire les mécanismes qui se sont construits et qui, aujourd’hui, s’enclenchent malgré vous.
Le changement profond et durable passe par une prise de conscience : votre Mental a pris une telle place qu’il empiète sur les autres parties de votre Soi et vous empêche de les entendre.
Ensuite, en le regardant agir, vous apprenez à repérer les schémas dans lesquels vous êtes pris·e, les croyances qui se sont construites au fil de votre vie et les blocages qui se sont mis en place. Vous pouvez alors remettre en question ce que votre Mental prend pour des vérités.
Parallèlement, vous apprenez à reconsidérer les autres parties de vous et à vous y reconnecter. En reprenant conscience de votre entiéreté, vous redonnez leur juste valeur aux émotions (qui sont signaux par des faiblesses), à votre intuition (qui vient de votre Moi profond), à vos envies (qui viennent de vos besoins humains).
Et en étant pleinement et complètement Vous, vous retrouvez une capacité de choix et une confiance qui vous permet de reprendre la main sur la vie et de construire celle qui vous correspond.
